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Bonjour !

Le Maître du Jeu actuel (l'auteur de ses lignes) est actuellement en congés et n'est pas susceptible d'animer le jeu 'Bangana' durant la période estivale, mais pour des raisons ludiques évidentes et afin de ne pas empêcher ceux qui le voudraient de jouer, le forum reste ouvert mais avec les inconvénients que présente l'absence IRL de l'admin et RP du président de la République.

L'activité reprendra comme à son habitude à compter du mois de septembre (mi-septembre début octobre au plus tard) avec la mise en oeuvre de plusieurs projets qui seront annoncés à cette période.

D'ici là, l'équipe du Bangana se joint à moi pour vous souhaiter de bonnes vacances et un bel été !

Cordialement,
Guy.


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 Territoire du M'BAA

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Blaise Madissa



Messages : 3
Date d'inscription : 22/12/2013

MessageSujet: Territoire du M'BAA   Dim 22 Déc - 15:26

Au village de Sétissi, on s'afférait à préparer un événement mensuel dont la date seule restait imprévisible. Tandis que les enfants courraient vers leurs demeures pour y faire un brin de ménage et les rendre propres à la visite, les hommes et les femmes en sortaient et se massaient près du grenier pour voir arriver au loin un clair nuage de sable. C'est le sorcier, qui le premier pu deviner dans le ciel le bruit des deux moteurs diesel s'approchant.

Non loin de là, justement dans le nuage, Blaise désigna du doigt les quelques huttes qui s'élevaient de la brousse et cria au général Agassé pour couvrir les vrombissements suffocants des moteurs: "C'est ici". Le général leva ses yeux de la brochure gouvernementale qui présentait la région et abaissant sa casquette, contempla l'horizon. Il jeta un dernier coup d’œil à la brochure qu'il laissa choir sur le sol brinquebalant de la jeep:



Le général se leva de son siège dans un effroyable bruit de fer et fit signe à la camionnette qui les suivait de se tenir prête. Pendant les derniers kilomètres, les soldats d'Agassé reboutonnèrent leur treillis, remirent leur col et dépoussiérèrent aussi bien qu'ils le purent leur pantalon. Le convoi ralentit tandis que les premiers éclats de voix de leur patient comité d'accueil se firent entendre à eux. Blaise ne quittait pas des yeux les cases inanimées:



Lorsqu'enfin les moteurs se turent comme toutes les voix, les soldats descendirent de la camionnette, armes au poing pour sécuriser le périmètre envahi par la foule et le général alla à la rencontre du sorcier qui priait entre ses lèvres, bénissant ainsi le silence de mort qui les pénétraient.

Lorsque les deux hommes n'étaient plus qu'à quelques mètres, Agassé se mit à éclater d'un rire qu'il accompagna d'une voix gutturale: "Toi ! Comment ça va mon ami ? Les temps n'ont pas été trop dur ? Le soleil n'a pas brûlé vos récoltes ? C'est une bonne saison ?"
Tandis qu'il s'exprimait ainsi, le sorcier rapetissait et ses yeux s'en aller chercher un insecte qu'il venait de voir s'ensevelir sous la terre aride.
"Allons, allons, continua le général, le gouvernement à changé, Saladié est plein de promesses, probablement nous paiera t'il bien mieux et les impôts locaux pourront ils être réduits, dit toi que c'est la dernière fois et pour achever le contrat avec le gouvernement précédent, paie donc la prime qui t'es dû ... disons, 20 000 ?"

Pendant que s'établissait unilatéralement cet accord, un autre, à quelques pas de là, révélait la maîtrise d'habiles négociants. Blaise, accoudé à une case, murmurait à un jeune soldat qui pointait son fusil sur le torse nu d'un homme:

"Cette année fut mauvaise, ça on est d'accord, mais le général, tu trouves qu'il a l'air de s'en plaindre ?
- Moins fort, il va entendre.
- J'suis pas tout seul là, on est plusieurs à le penser.
- Ouais, non mais on va bien voir avec cette fois là.
- Ils ont rien ici, leur grenier sera pas plus plein et depuis le changement de régime y a plus un sou qui nous est venu.
- Ca va revenir.
- Saladié, il s'en fou du M'BAA, maintenant il compte sur les milices Koussa, elles demanderont sûrement moins d'argent que nous. En plus on est pas la seule milice armée de la région à avoir perdu les faveurs du gouvernement, quand elles l'auront compris, on va s’entre-déchirer pour le contrôle du territoire, personne n'arrivera à l'avoir et Saladié il aura rien dépensé. Faut s'emparer du M'BAA maintenant et le général Agassé est bien trop couard.
- Qu'est ce que tu veux y faire ?
- A ton avis ?
- Tais toi, il va entendre.
- On verra bien, si la semaine prochaine, y a toujours rien qui nous arrive, on aura peut être besoin de toi.
- Chhhht.
- 100, ça te va ?
- Plus 200 de prime de risque.
- Y aura pas de risque, tu me fais pas confiance ? 150
- Je te fais confiance, mais toi tu évalues pas le prix de ma vie. 100 et 150 de risque, 250.
..."


Lorsque le convoi reparti, Blaise souriait, le général Agassé n'avait encore donné aucun ordre de direction mais son fidèle adjoint, lui, prévoyait déjà le trajet.


Dernière édition par Blaise Madissa le Jeu 26 Déc - 10:50, édité 1 fois
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Blaise Madissa



Messages : 3
Date d'inscription : 22/12/2013

MessageSujet: Re: Territoire du M'BAA   Jeu 26 Déc - 10:50

Le territoire du M'Baa avait connu de grands bouleversements depuis l'indépendance Banganaise. Région situé au centre de l'axe nord-sud du pays, elle était depuis la nuit des temps un lieu de rencontre, aussi bien dans la guerre que dans les rares moments de paix entre les Koussi du nord et les Koussadu sud. La colonisation balondaure n'avait en rien contribué au désarmement. Détruisant des frontières, en créant de nouvelles, les colons avaient rompu les précaires équilibres qui faisait les paix mensuels.
Parce qu'alors les nations les plus riches convoitaient l'or, c'est d'une main de fer qu'elles gouvernèrent le territoire M'Baa, "Terre à la pierre étoilée" dans la langue des anciens. Faisant fi des enjeux sociaux et culturels, ils créèrent là bas une armée qui, rapport au pays, avait été grassement rémunérée, les prétextes officiels avaient toujours été de combattre l'instabilité de ce point de rencontre entre ethnie. La raison véritable était le gain des mines.
Lorsque fut proclamé l'indépendance et que les balondaures quittèrent le pays avec leur argent, avec leur armes, avec leur cupidité, les hommes qui continuaient de naître là bas comblèrent rapidement le déficit des morts. Si la guerre entre les Koussi et les koussa repris rapidement autour des mines d'or, un troisième belligérant était apparu en myriades de milices. Les anciens militaires qui avaient autrefois convoités les rémunérations coloniales, parfois Koussi, parfois Koussa, entrèrent sur le champ de bataille.

Ce qui aurait pu se terminer en un pugilat comme seul notre siècle avait su le faire, fut pourtant partiellement maîtrisé car ce qui avait provoqué autant de convoitises dépassait les enjeux de quelques groupes armés. Après l'indépendance, les gouvernements successifs s'étaient appuyé sur les groupes existants, tantôt sur les uns, tantôt sur les autres, pour contrôler les mines. Ainsi, si l'armée nationale avait pu sécuriser les exploitations des investisseurs, souvent étranger, ç'avait été en rémunérant les milices, créant un véritable système d'armée privée sur le territoire.

C'est ici, dans ce contexte, que Blaise Madissa était né. Son père, militaire pour le compte des colons et d'ethnie Koussi avait épousé avec l'accord de son supérieur, la servante du général blanc, qui elle, était Koussa. Après l'indépendance, Blaise ne chercha pas longtemps son avenir, le front de son père et le menton de sa mère lui donnait des caractéristiques ethniques bien trop visible pour rejoindre tel ou tel village dans le civil. Il se fit lui même militaire, il rejoignit une milice autonome et s'émancipa tantôt par les financements gouvernementaux, tantôt par les pillages.

---

Cela faisait plus d'une semaine maintenant qu'avait eu lieu la "collecte d'impôts locaux" dont nous avions montré exemple au village de Sétissi. Et les hommes du général Agassé s'impatientait toujours de la paye qui n'arrivait pas. Ce soir là, le général s'entretenait avec celui qu'on appelait le trésorier et qui, à défaut de posséder quelque somme, était le seul de l'équipe à avoir connu les salles de classe, il était donc le plus habile en calcul.
Blaise, dont nous savons, au vu des événements précédents qu'il savait s'entourer, traînait autour de la camionnette, discutant avec trois ou quatre soldats qui montait la garde devant. Tous attendaient impatiemment que revienne vers eux le trésorier pour rompre ce qu'on appelait ici "le secret professionnel".
Vers minuit, le gros des hommes s'était rassemblé autour du feu, écoutant par dessus le silence qui régnait le cri des bêtes qui, dans la jungle d'à côté, livraient elles aussi leurs propres combats. Blaise et les hommes dont il s'était assuré l'obéissance, patientaient toujours près du camion et de la caisse d'arme. Le trésorier apparu, marqué par l'humeur d'Agassé qui se rendait compte, comme tous ici, que le changement de régime n'affecterait pas que les servants du palais. Le jeune diplômé des bancs de l'école primaire fit une moue significative au groupe qui se tenait à l'ombre des véhicules.
Le général, bientôt, revint lui aussi vers le feu. C'est à ce moment là, tandis qu'il passait à quelques mètres de Blaise Madissa, que ce dernier s'empara d'une arme et en quelques secondes la colla sur la nuque du général.

Sans qu'un mot n'eut rompu le silence de la nuit banganaise, les hommes près du feu était debout, par réflexe, ils avaient porté leur main à leur ceinture, près, pour ceux qui en avaient, à dégainer leur colt. Mais bientôt s'approchèrent du menacé les conspirateurs et parmi ceux ci, Blaise avait pris soin d'engager les plus appréciés des hommes de la troupe. Celui là dont on aimait les blagues, celui là qui était réputé bon soldat, celui là qui courait si vite, celui là dont les idées sous le feu de l'action leur avait tant de fois sauvé la vie. Tous restèrent silencieux, les hommes près du feu se détendirent, leurs épaules se baissèrent, leur visage s'apaisèrent. Le général Agassé ne fit pas un geste, il lança mille regards autour de lui à la recherche de celui qui lui sauverait la vie, son visage se crispa, bientôt, il ferma les yeux, tandis que son corps tout entier tremblait. Blaise appuya sur la détente et dans le bruit de l'orage, Agassé s'effondra.

Il regarda ses compagnons et rompit le silence:
"Le général Agassé n'est plus et ses yeux était bien plus petits que nos ventres. Le monde change et la seule question qui se pose est celle là: doit on en être ses esclaves ou doit on en être ses maîtres. Pour ma part, j'ai fais mon choix. Suivez moi et demain nous irons trouver les mains où l'argent est maintenant."

Des hommes présents, pas un ne s'éleva, Blaise se pencha alors et ramassa la casquette du général déchu, tel Napoléon, il s'en couronna alors dans une scène de liesse. Il avait une idée, il était gourmand, il allait devoir trouver les mots, les fonds et les armes s'il voulait dominer le M'Baa, la terre à la pierre étoilé.
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